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LE CHEVAL KIRGHIZ
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FONDATION KYRGYZ ATE
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République kirghize
Tel.: + 996 (0) 502 518 315
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FESTIVAL "AT CHABYSH"



LE CONTEXTE HISTORIQUE

«2000 ans avant JC, dans les steppes du Nord de l'Asie Centrale et en Sibérie, les Kirghiz déjà élevaient les chevaux. Beaucoup d'auteurs attestent de la présence de ces chevaux kirghiz d'antan, différents des chevaux mongols. Ils ont d'ailleurs été forgés par le milieu naturel en ces régions bien avant le début de la civilisation mongole.

Cependant, l'existence des chevaux mongols a été beaucoup plus reconnue et vantée que celle des chevaux kirghiz et kazakhs, pourtant plus nombreux et aux qualités plus remarquables. Et lors des victoires mongoles, l'ensemble des chevaux de la région a été désigné par le nom de mongol...

De nombreuses années plus tard, ce sont les Cosaques, envoyés par les Tsars, qui employèrent ces chevaux kirghiz, constituant ainsi la remonte des armées des Tsars ».

Informations sur les bases fondamentales et l'évolution de l'élevage du cheval de type novokirghiz au Kirghizstan
I. K. Elbegovich (Bichkek - 1991)


«Le cheval kirghiz peut faire de très longues marches, chargé de fardeaux ou traînant des pièces d'artillerie; aussi serait-il désirable que l'on pratiquât sur une grande échelle l'amélioration des chevaux kirghiz. Il est probable que le croisement de juments kirghizes avec des étalons pur-sang arabes, Karabaghes ou Kabardins, donnerait les meilleurs résultats. Le croisement de ces juments avec des étalons de race trotteur russe donne de très bons chevaux de harnais».

Les chevaux et l'organisation
des services publics de voitures en Russie
G. Deniau (Paris - 1889)

1 – Cheval kirghiz élevé dans la région de Toughaï (occidentale),
hongre, taille 1m 36, d'après une photographie
du colonel D. N. Dubenski (archives JLG – Russie XIXe siècle)

«L'administration générale des haras de l'Etat emploie tous les moyens en son pouvoir pour consolider et améliorer la race du cheval kirghiz, qui pourra fournir à l'avenir une riche matière à l'élève des chevaux non seulement en Russie, mais en Europe en général.

Un nombre assez considérable de chevaux kirghiz est actuellement acheté pour la remonte de la cavalerie irrégulière des Cosaques d'Orenbourg et de l'Oural; beaucoup passent dans les provinces de Samara et de Saratow. On en vend aussi aux foires de la province de Simbirsk et de Perm, ainsi qu'à Rostow-sur-le-Don et dans la province de Tauride».

Les races chevalines,
Dr L de Simonov et M. J. de Morder (Paris - 1884)

«Vers 1866, beaucoup de Russes migrèrent avec moutons et chevaux, envoyés d'abord dans le Nord du Kirghizistan. A la fin des années 1890, les Russes gagnèrent le Sud du Kirghizistan. Au début XXe siècle, ils amenèrent les fameux chevaux du Don.

Le premier haras national kirghiz a été créé par K. C. Dimitriev en 1879 sur les berges ouest de l'Issyk Kul, près de Ribachi. Au début, il comportait 2 étalons reproducteurs de type trotteur russe. En 1896, ce haras comptait 40 juments de ce type et de la race kirghize - première et deuxième génération - et 4 étalons de pur sang Orlov.

Plus tard, le succès de ces croisements assura le développement de ce cheval local, toujours très résistant et adapté à ces contrées (l'âge maximum autorisé pour les mâles était de 3 ans). Les étalons remportèrent plusieurs victoires sur l'hippodrome de Karakol en 1912 (hippodrome construit en 1908). En même temps se développait l'élevage de l'Akhal Tekke au Turkmenistan et en Ouzbekistan.

En 1930, alors que les populations arrivaient en masse du centre de la Russie, fut créé un département pour la répartition de terres kirghizes, qui leur permettait d'acquérir des concessions pour une durée de 36 ans, afin de développer et d'améliorer les élevages de chevaux et moutons. Des lois et quotas d'élevage leur furent imposés.
La Russie, l'Ukraine, les régions du Don et de Kubani se dépeuplèrent et perdirent leurs éleveurs en faveur des terres kirghizes, sur lesquelles l'essor de l'élevage était phénoménal».

Informations sur les bases fondamentales et l'évolution de l'élevage du cheval de type novokirghiz au Kirghizstan
I. K. Elbegovich (Bichkek - 1991)


«Trente ans de sélection et de croisements réalisés pour l'amélioration du cheval kirghiz ont permis d'accroître considérablement la taille du cheval local, qui était passée de 1,34 mètre au garrot (en 1919 ) à 1,64 mètre, tandis que son poids, qui était de 200 à 225 kilos en 1919, avait atteint 500 kilos».

Alchbeky Kylyrmaech
Vice-directeur de l'Académie d'Agriculture de la République kirghize
Interview publié dans le journal Belyïe Parohod (05/11/ 2005)


«Dans les années 1950, les zootechniciens russes attestèrent du succès du principe “d'amélioration du cheval kirghiz" : son croisement avec les chevaux russes, plus grands et plus lourds, avait donné au cheval local du poids et de la taille, ce qui le rendait plus rentable dans l'industrie de la viande et du lait, et plus rapide sur les champs de course.

En 1956, ce cheval local fut reconnu comme une race à part entière, sous le nom de novokyrgyz, et disposant d'un registre officiel.

A la même période, des règles vinrent aseptiser les courses traditionnelles de chevaux kirghiz, qui accompagnaient depuis toujours les festivités célébrant les différentes étapes de la vie des nomades - naissance, mariages départ d'un hôte de marque, rite funéraire. Véritables épreuves d'endurance, ces courses sur longues distances et en montagne, se déroulaient partout dans le pays.

Puis les grandes fêtes funéraires accompagnées de courses de chevaux furent interdites pour cause de “survivance d'un féodalisme moribond".

Ainsi disparaissait le cheval kirghiz et, avec lui, les traditions qui lui étaient associées».

Le cheval dans la culture kirghize
Jacqueline Ripart (Paris – 2002)

 

2 – Cheval novokirghiz, taille au garrot 160 cm, longueur 167 cm, périmètre du thorax 196 cm, tour du canon 21,5 cm (archives Bibliothèque Nationale, Kirghizistan, 1954)


«Au Kirghizistan, les courses régulières sont actuellement des épreuves de vitesse à l'européenne, sur de courtes distances et sur hippodrome, que les Russes ont introduites dès 1884; elles sont organisées par des institutions publiques et les chevaux qui y participent sont ceux des haras de l'État».

L'usage des chevaux et l'organisation socio-familiale
des peuples turcophones de Sibérie et d'Asie centrale.
Carole Ferret, ethnologue (France - 1994)

«On me fit visiter, dans la région de Issyk-Kul, le haras n°54, qui est parait-il le principal établissement d'élevage équin de Kirghizie. Après m'avoir montré avec fierté des Pur-sang (Anglais), des chevaux du Don (Caucasien) et des Akhal-Teke (Turkmènes), on finit par me sortir deux braves chevaux pompeusement baptisés “Novokirghizes“, qui ne sont en fait qu'un mélange, d'ailleurs instable, de races européennes et de races locales.

Lorsque je demandai à voir enfin de vrais chevaux kirghiz, purs, non croisés, non "améliorés", on me répondit que cela n'existait plus, ou alors là-haut, peut-être, dans les montagnes... ».

Lettre à M. Salavat ISKAKOV, Ministre du Tourisme - Kirghizistan
J. L. Gouraud (Paris, le 12 mai 1992)

«Aujourd'hui, les haras d'Etat qui garantissaient l'élevage des chevaux de race novokirghize et pur-sang sont en mauvais état, voire même à l'abandon».

Étude sur les chevaux kirghiz
S. Omarzakov Académie nationale de l'élevage (Kirghizistan - 1991)

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