«2000 ans avant JC, dans les steppes du Nord de l'Asie Centrale et en Sib?rie, les Kirghiz d?j? ?levaient les chevaux. Beaucoup d'auteurs attestent de la pr?sence de ces chevaux kirghiz d'antan, diff?rents des chevaux mongols. Ils ont d'ailleurs ?t? forg?s par le milieu naturel en ces r?gions bien avant le d?but de la civilisation mongole.
Cependant, l'existence des chevaux mongols a ?t? beaucoup plus reconnue et vant?e que celle des chevaux kirghiz et kazakhs, pourtant plus nombreux et aux qualit?s plus remarquables. Et lors des victoires mongoles, l'ensemble des chevaux de la r?gion a ?t? d?sign? par le nom de mongol...
De nombreuses ann?es plus tard, ce sont les Cosaques, envoy?s par les Tsars, qui employ?rent ces chevaux kirghiz, constituant ainsi la remonte des arm?es des Tsars ».
Informations sur les bases fondamentales et l'?volution
de l'?levage du cheval de type novokirghiz au Kirghizstan
I. K. Elbegovich (Bichkek - 1991)
«Le cheval kirghiz peut faire de tr?s longues marches, charg? de fardeaux ou tra?nant des pi?ces d'artillerie; aussi serait-il d?sirable que l'on pratiqu?t sur une grande ?chelle l'am?lioration des chevaux kirghiz. Il est probable que le croisement de juments kirghizes avec des ?talons pur-sang arabes, Karabaghes ou Kabardins, donnerait les meilleurs r?sultats. Le croisement de ces juments avec des ?talons de race trotteur russe donne de tr?s bons chevaux de harnais».
Les chevaux et l'organisation
des services publics de voitures en Russie
G. Deniau (Paris - 1889)

1 – Cheval kirghiz ?lev? dans la r?gion de Tougha? (occidentale),
hongre, taille 1m 36, d'apr?s une photographie
du colonel D. N. Dubenski (archives JLG – Russie XIXe si?cle)
«L'administration g?n?rale des haras de l'Etat emploie tous les moyens en son pouvoir pour consolider et am?liorer la race du cheval kirghiz, qui pourra fournir ? l'avenir une riche mati?re ? l'?l?ve des chevaux non seulement en Russie, mais en Europe en g?n?ral.
Un nombre assez consid?rable de chevaux kirghiz est actuellement achet? pour la remonte de la cavalerie irr?guli?re des Cosaques d'Orenbourg et de l'Oural; beaucoup passent dans les provinces de Samara et de Saratow. On en vend aussi aux foires de la province de Simbirsk et de Perm, ainsi qu'? Rostow-sur-le-Don et dans la province de Tauride».
Les races chevalines,
Dr L de Simonov et M. J. de Morder (Paris - 1884)
«Vers 1866, beaucoup de Russes migr?rent avec moutons et chevaux, envoy?s d'abord dans le Nord du Kirghizistan. A la fin des ann?es 1890, les Russes gagn?rent le Sud du Kirghizistan. Au d?but XXe si?cle, ils amen?rent les fameux chevaux du Don.
Le premier haras national kirghiz a ?t? cr?? par K. C. Dimitriev en 1879 sur les berges ouest de l'Issyk Kul, pr?s de Ribachi. Au d?but, il comportait 2 ?talons reproducteurs de type trotteur russe. En 1896, ce haras comptait 40 juments de ce type et de la race kirghize - premi?re et deuxi?me g?n?ration - et 4 ?talons de pur sang Orlov.
Plus tard, le succ?s de ces croisements assura le d?veloppement de ce cheval local, toujours tr?s r?sistant et adapt? ? ces contr?es (l'?ge maximum autoris? pour les m?les ?tait de 3 ans). Les ?talons remport?rent plusieurs victoires sur l'hippodrome de Karakol en 1912 (hippodrome construit en 1908). En m?me temps se d?veloppait l'?levage de l'Akhal Tekke au Turkmenistan et en Ouzbekistan.
En 1930, alors que les populations arrivaient en masse du centre de la Russie, fut cr?? un d?partement pour la r?partition de terres kirghizes, qui leur permettait d'acqu?rir des concessions pour une dur?e de 36 ans, afin de d?velopper et d'am?liorer les ?levages de chevaux et moutons. Des lois et quotas d'?levage leur furent impos?s.
La Russie, l'Ukraine, les r?gions du Don et de Kubani se d?peupl?rent et perdirent leurs ?leveurs en faveur des terres kirghizes, sur lesquelles l'essor de l'?levage ?tait ph?nom?nal».
Informations sur les bases fondamentales et l'?volution de l'?levage du cheval de type novokirghiz au Kirghizstan
I. K. Elbegovich (Bichkek - 1991)
«Trente ans de s?lection et de croisements r?alis?s pour l'am?lioration du cheval kirghiz ont permis d'accro?tre consid?rablement la taille du cheval local, qui ?tait pass?e de 1,34 m?tre au garrot (en 1919 ) ? 1,64 m?tre, tandis que son poids, qui ?tait de 200 ? 225 kilos en 1919, avait atteint 500 kilos».
Alchbeky Kylyrmaech
Vice-directeur de l'Acad?mie d'Agriculture de la R?publique kirghize
Interview publi? dans le journal Bely?e Parohod (05/11/ 2005)
«Dans les ann?es 1950, les zootechniciens russes attest?rent du succ?s du principe “d'am?lioration du cheval kirghiz" : son croisement avec les chevaux russes, plus grands et plus lourds, avait donn? au cheval local du poids et de la taille, ce qui le rendait plus rentable dans l'industrie de la viande et du lait, et plus rapide sur les champs de course.
En 1956, ce cheval local fut reconnu comme une race ? part enti?re, sous le nom de novokyrgyz, et disposant d'un registre officiel.
A la m?me p?riode, des r?gles vinrent aseptiser les courses traditionnelles de chevaux kirghiz, qui accompagnaient depuis toujours les festivit?s c?l?brant les diff?rentes ?tapes de la vie des nomades - naissance, mariages d?part d'un h?te de marque, rite fun?raire. V?ritables ?preuves d'endurance, ces courses sur longues distances et en montagne, se d?roulaient partout dans le pays.
Puis les grandes f?tes fun?raires accompagn?es de courses de chevaux furent interdites pour cause de “survivance d'un f?odalisme moribond".
Ainsi disparaissait le cheval kirghiz et, avec lui, les traditions qui lui ?taient associ?es».
Le cheval dans la culture kirghize
Jacqueline Ripart (Paris – 2002)

2 – Cheval novokirghiz, taille au garrot 160 cm, longueur 167 cm, p?rim?tre du thorax 196 cm, tour du canon 21,5 cm (archives Biblioth?que Nationale, Kirghizistan, 1954)
«Au Kirghizistan, les courses r?guli?res sont actuellement des ?preuves de vitesse ? l'europ?enne, sur de courtes distances et sur hippodrome, que les Russes ont introduites d?s 1884; elles sont organis?es par des institutions publiques et les chevaux qui y participent sont ceux des haras de l'?tat».
L'usage des chevaux et l'organisation socio-familiale
des peuples turcophones de Sib?rie et d'Asie centrale.
Carole Ferret, ethnologue (France - 1994)
«On me fit visiter, dans la r?gion de Issyk-Kul, le haras n°54, qui est parait-il le principal ?tablissement d'?levage ?quin de Kirghizie. Apr?s m'avoir montr? avec fiert? des Pur-sang (Anglais), des chevaux du Don (Caucasien) et des Akhal-Teke (Turkm?nes), on finit par me sortir deux braves chevaux pompeusement baptis?s “Novokirghizes“, qui ne sont en fait qu'un m?lange, d'ailleurs instable, de races europ?ennes et de races locales.
Lorsque je demandai ? voir enfin de vrais chevaux kirghiz, purs, non crois?s, non "am?lior?s", on me r?pondit que cela n'existait plus, ou alors l?-haut, peut-?tre, dans les montagnes... ».
Lettre ? M. Salavat ISKAKOV, Ministre du Tourisme - Kirghizistan
J. L. Gouraud (Paris, le 12 mai 1992)
«Aujourd'hui, les haras d'Etat qui garantissaient l'?levage des chevaux de race novokirghize et pur-sang sont en mauvais ?tat, voire m?me ? l'abandon».
?tude sur les chevaux kirghiz
S. Omarzakov Acad?mie nationale de l'?levage (Kirghizistan - 1991)
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